Histoire

Si le contexte historique a favorisé la naissance et le développement de Floreffe, le milieu géographique en a conditionné l'éclosion : Floreffe est fille de Sambre et de la Haute-Marlagne… Le territoire s'inscrit à croupetons sur la rivière entre la Hesbaye humide naissante et les contreforts mourants de l'Ardenne condrusienne, de la Marlagne plus précisément. Contraste dans le paysage. Contraintes et virtualités autres pour l'homme dans son habitat, ses activités et ses relations. Terre de transition aussi entre la périphérie de l'agglomération namuroise et la Basse-Sambre plus industrieuse. Tout un passé a préparé ce présent.
 


Floreffe se trouve à proximité immédiate de la convergence de deux vallées: la Sambre et le Wéry. La rivière s'imposa comme l'axe actif du domaine et de la ville. Celle-ci naquit cependant dans la vallée secondaire: les possibilités et les conditions d'installation étaient plus favorables (véritable cuvette ceinturée de collines et moindre risque d'inondations).
 


Le site était d'autant plus électif qu'il permettait aux populations locales de satisfaire aisément ses besoins vitaux : se nourrir, s'abriter et communiquer. Il jouxtait deux zones complémentaires. Au nord, une zone à vocation agricole. La Sambre étalait sa plaine alluviale pour les herbages et les pâturages. Au sud, une région à vocation forestière. Le massif boisé de la Marlagne offrait de multiples avantages : refuge, nourriture pour les hommes et pour le bétail, chauffage, matériaux pour la construction, l'artisanat, etc…


Les témoignages les plus anciens du passé humain remontent à la Préhistoire.
Dès cette époque, l'homme occupait le site du massif rocheux du Préat, en bordure du ruisseau. Ensuite, ce fut la descente dans la vallée, non loin du confluent de ce ruisseau et de la Sambre, l'érection de pierres et la sacralisation des endroits élevés en l'honneur des morts ou du culte planétaire. Les Celtes donnèrent un nom à notre localité et à divers autres endroits des environs. Les Gaulois se retiraient dans le camp retranché du Sandrau (le vieil oppidum), en plein cœur de la Marlagne primitive, la forêt sacrée. Ce massif boisé avec tous les avantages qu'il offrait et la présence de la Sambre firent de Floreffe un site hautement électif. Le passage des armées romaines et des Francs est attesté par des témoignages archéologiques et toponymiques. Dès l'époque mérovingienne, la villa de Floreffe était le centre d'une vaste exploitation agricole appartenant au domaine de la famille des Pépins. A l'époque carolingienne, cette villa cessa d'appartenir au domaine royal pour devenir la propriété d'un seigneur indépendant.
 


Entre 1102 et 1121, le comte de Namur , Godefroid, achetait cet alleu pour le réunir à son comté. A partir de cet instant, l'histoire de notre localité fut intimement liée à celle du comté de Namur. Par la même occasion, ce souverain accordait aux Floreffois les premières libertés connues dans ses états: Floreffe devint ville et franchise. En 1121, le même comte donnait une partie de ses droits et de ses biens de Floreffe au futur saint Norbert pour y fonder un monastère : Floreffe devint un centre religieux. Au XIle et au XlIIe siècles, Floreffe était un centre administratif et économique dans le comté de Namur: une ville avec ses artisans, ses marchands, sa halle et le chef- lieu d'une mairie relativement importante.

A partir du milieu du X Ile siècle, sous le comte Henri l'Aveugle, Floreffe devint un centre stratégique dans l'organisation défensive du comté : une place forte avec ses murailles, ses portes, ses tours, ce qui lui valut le triste privilège de subir divers sièges. Ce rôle militaire fut encore renforcé à la fin du XlIIe par l’institution d'une compagnie d'arbalétriers dotée de privilèges et d'exemptions. A l'initiative des Prémontrés, Floreffe devint une terre d'accueil, dès le début du XIIIe siècle: le gîte et le couvert étaient offerts aux pauvres de passage (l'hospitium).
 


A cette époque, le principal seigneur de Floreffe (foncier et hautain) restait le comte de Namur. A ces titres, il y exerçait des droits et y percevait des revenus. Grâce à l'abbaye, le culte de la Vierge se répandit à Floreffe : en 1437, une confrérie en l'honneur de Notre-Dame était instituée. En ce XVe siècle, le comté de Namur relevait du duc de Bourgogne. Celui-ci leva dans ses terres des impôts spéciaux appelés « aides ». Les différentes recettes fournissent divers renseignements : étendue de la mairie de Floreffe et les zones des répartitions de la population locale. Pendant ce temps-là, l'abbaye et la ville se livraient une longue et impitoyable partie d'échecs pour les possessions, les droits et les usages dans les bois de Floreffe. En 1777, la ville fut mise échec et mat.
 


En bordure de Sambre, l'ère industrielle marque de son empreinte le paysage par quatre faits majeurs: l'inauguration de la ligne de chemin de fer Liège-Mons en 1843; l'installation à la rue Riverre d'une manufacture de produits chimiques à laquelle succède rapidement la glacerie de Floreffe ; l'exploitation de la houille sur la rive gauche, au charbonnage Sainte-Barbe à Floriffoux ; l'extraction plus intensive de la pierre des massifs calcareux de Floreffe et de Franière d'abord pour la confection de la chaux, ensuite pour friter la dolomie à Floreffe. Au déclin de la glacerie de Floreffe pendant l'entre-guerre, coïncide le développement des glaceries de Saint-Gobain à Franière. De petites industries s'épanouissent avant de péricliter : la boulonnerie de Franière et la plumerie de Floreffe. Parmi les artisans, sont à mentionner les Romedenne pour la réputation de leurs horloges de parquet.






Les années soixante marquent le début de travaux de grande infrastructure. Rectification des méandres de la Sambre et modernisation du barrage-écluse de Floriffoux ; contournement ouest de Floreffe par l'ouverture au travers des jardins de l'avenue Hanse pour relier la rue Romedenne à la rue des Déportés ; déplacement plus à l'est de la traversée du centre par la Nationale Namur-Charleroi coupant la localité en deux et isolant les quartiers peuplés du Coriat, de Saint-Roch et des Marlaires ; mise en oeuvre par le Bureau Economique de la Province de deux zonings industriels : l'un, débutant à la limite de Namur, se prolonge de part et d'autre de la rue Riverre ; l'autre à Floriffoux, où s'installent l'entreprise Materne et les bétons Remacle. Le village de Floriffoux se voit également dénaturé en étant coupé en deux par l'ouverture d'une bretelle reliant la Nationale Namur-Charleroi à l'autoroute de Wallonie.

« Mars 2021 »
Mars
LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031