Coopération internationale décentralisée - note synthèse
Partenariat entre les communes de Foundiougne (Sénégal), Floreffe, Ohey et Profondeville
Juin 2008
Rappel du cadre :
Les trois Communes belges se sont engagées à affecter 50 centimes par habitant et par an aux projets de coopération avec Foundiougne pour les années 2005, 2006 et 2007.
Notre programme conjoint de « soutien au programme de promotion de l’hygiène et de l’assainissement de la Commune de Foundiougne » a été sélectionné dans le cadre de l’appel à projet conjoint de la Communauté Française et de la Région wallonne (Direction Générale des Relations Internationales - DGRI). Montant réservé de 33550 € pour trois actions :
Achat de moustiquaires
Achat de poubelles pour chacune des concessions et des bâtiments publics.
Aménagement d’une décharge
En accord avec nos partenaires de Foundiougne, nous avons sollicité une modification des actions, en abandonnant l’achat de moustiquaires et en prévoyant une action en matière d’assainissement des eaux usées. Accord de principe devant être confirmé sur base de projets chiffrés et d’un calendrier d’actions.
La DGCD (Direction Générale de la Coopération au Développement) appuie les projets de coopération internationale communale et avait intégralement pris en charge les frais de missions de deux représentants belges en novembre 2006.
Vu les retards pris dans la mise en œuvre des actions arrêtées pour 2007, notamment dus au manque d’implication de la Mairie qui ne semble pas avoir fait du partenariat une priorité, les trois communes ont convenu d’inscrire à leurs budgets 2008 les montants initialement prévus pour 2007. Aucune dépense n’a été engagée en 2007, mais la moitié du subside régionale a été perçue.
(Voir tableau annexé : dépenses et recettes 2005-2008 – coopération avec la commune de Foundiougne)
Actions réalisées
2005 : achat et envoi de matériel (hors programme soutenu par WBRI)
Les contributions des trois communes belges de 50 centimes par habitant ont permis l’achat et l’envoi d’un tracteur, d’une pompe à lisier (destinée à vidanger les fosses septiques) et d’une remorque.
Lors de la mission en novembre 2006, le tracteur et sa remorque étaient largement utilisés (transport de matériel, transport de la dépouille lors de cérémonies funéraires,…). Par contre, un usage inapproprié de la pompe l’avait mise hors d’usage.
Depuis, le tracteur est tombé en panne et nous disposons d’un devis pour sa remise en état. Un partenaire français a convenu de prendre en charge ces travaux.
2006 : aménagement de la décharge provisoire et achat de poubelles
Nous avions convenu, à partir de la contribution annuelle des communes belges, de financer l’achat de poubelles au Sénégal, pour équiper chacune des concessions et tous les bâtiments publics. Cet achat était conditionné à l’aménagement par le partenaire sénégalais d’une décharge provisoire, dans l’attente de la mise en œuvre d’un véritable CET.
Lors de notre mission sur place, nous avons acquis le matériel nécessaire à l’aménagement de la décharge provisoire, engagé une équipe et clôturé le site retenu.
Cette réalisation a permis le redémarrage du projet qui est resté suspendu pendant près d’un an. Les partenaires français ont convenu de financer l’achat des charrettes et des ânes nécessaires à la collecte en porte à porte des déchets.
Obstacles :
- Pas de moyens budgétaires ou humains affectés par la commune de Foundiougne à la gestion des déchets
- pas de liste des chefs de ménage disponible pour la mise en œuvre de la distribution des poubelles
Réalisation :
- ce n’est finalement que fin mai 2007 que les poubelles acquises fin 2006 ont pu être effectivement distribuées.
- Le brigadier d’hygiène a largement impliqué la population, en particulier les femmes, à travers la relance d’un réseau de comités de salubrité (un par quartier). Ces derniers se sont fortement impliqués dans la mise en œuvre de la collecte des déchets ménagers et ont organisé une campagne de nettoiement de l’espace public.
- Une contribution financière est réclamée à chaque chef de famille. On dégage ainsi des moyens qui permettent de pérenniser le système de collecte.
En 2008, la mairie a promis de procéder à la remise en état de la décharge provisoire (renouvellement des barricades manquantes ou abîmées,..). Il semble que la décharge ait effectivement été en partie remise en état et qu’un préposé ait été engagé.
Rapport de visite de Monsieur Nonet, entrepreneur à Profondeville :
La collecte des déchets est effective, avec comme résultat une propreté publique qui varie d’un quartier à l’autre. Les contributions des ménages sont perçues et le brigadier d’hygiène tient des registres (pratiquement) à jour. Si l’on se réfère à l’absence totale de registre tenu à jour en novembre 2006, on peut considérer qu’un travail très conséquent a été réalisé, qui peut également servir pour les actions à venir. Le fonctionnement des divers comités de salubrité repose sur la participation active des femmes.
Eaux usées – actions 2007-2008
Situation déplorable, besoins très importants :
- nombreuses concessions non équipées de fosses septiques
- exutoires des fosses souvent dans la rue (parfois fosses construites dans la voirie)
- problème pour équiper certains quartiers (aquifères trop superficiels, impossibilité d’équiper certaines concessions)
Obstacles :
- absence d’inventaire et de cartographie des égouts et fosses septiques existants.
- problème de l’absence d’un matériel de vidange des fosses.
Travail préalable à toute action conséquente en la matière :
- procéder à un inventaire, lié, comme pour les poubelles, à la nécessité de mettre en place une forme de gestion de l’état civil
- relevé (et maintien à jour de la liste) des familles nécessiteuses pour lesquelles une intervention à 100 % serait nécessaire
- étoffer le service d’hygiène
- lister les obligations légales (non rencontrées)
Les services du brigadier d’hygiène ont réalisé ce travail. Nous disposons d’un inventaire assez précis des besoins sur base duquel nous comptons affecter les moyens prévus pour cette année.
L’inventaire que nous a transmis en octobre le brigadier d’hygiène repose, d’après le témoignage de Monsieur Nonet, sur un travail très exhaustif des services du brigadier d’hygiène. Sur base de ce travail, nous avons convenu de prendre en charge l’équipement des concessions pour lesquelles il n’y a ni fosses septiques ni latrines (74 concessions) ou seulement des latrines, dont les rejets se font sur la voirie publique (28 concessions à équiper) pour un total estimé à 38246 €.
Par ailleurs nous avons également prévu d’envoyer des aiguilles vibrantes qui pourront être utilisées par les entreprises qui produiront les blocs nécessaires à la fabrication des fosses septiques. C’est que la piètre qualité habituellement observée dans les constructions à Foundiougne provient notamment de ce que, lorsque le béton est coulé dans les moules, il n’est pas fait usage d’une table vibrante. Les blocs manquent de compacité et sont moins résistants. Nous espérons que l’envoi de ce matériel permettra de manière générale d’améliorer la qualité et la durabilité des matériaux mis en œuvre.
Un cahier des charges élaboré avec l’aide de l’entrepreneur belge précisera nos exigences en la matière.
Pour l’agent d’hygiène comme pour Monsieur Nonet, un délai de trois mois est raisonnable pour réaliser l’ensemble des travaux prévus.
Rencontre avec des représentants de l’Ambassade du Sénégal
Si l’agent d’hygiène (qui dépend du préfet et donc du Ministère de la santé) et les comités de salubrité (via les groupes de femmes) ont pris conscience des enjeux de l’assainissement de la commune sur la qualité de vie et la santé des populations, s’ils s’investissent comme ils peuvent dans le projet, on ne peut en dire autant de la mairie. Il est en effet difficile de voir son implication directe pour la réussite de celui-ci. Les réponses à nos questions viennent tard (parfois sous la menace de coupure de notre aide). Le suivi quotidien des actions entreprises est sommaire, voire inexistant.
Pour faire face à cette difficulté, nous avons pris contact avec l’Ambassade du Sénégal en Belgique (visite à Floreffe le 24 avril 2008). L’idée est de tenter d’asseoir la coopération avec Foundiougne, en recourrant à la voie hiérarchique.
Nous espérons obtenir ainsi un soutien des autorités nationales, pour mandater le Service d’hygiène de Foundiougne à devenir l’opérateur de notre coopération (plutôt que la mairie), à tout le moins pour les aspects relevant de ses compétences. Il nous semble que l’identification claire d’un interlocuteur, soutenu par le Ministère de la santé, nous permettrait d’avancer plus efficacement.
Les représentants de l’Ambassade du Sénégal sont conscients que l’argent des trois communes et celui de la DGRI ne seront investis que si les trois communes belges sont rassurées quant à l’engagement des autorités locales à assurer la bonne marche et le suivi du 1er projet (déchets) ainsi que la mise en œuvre du 2ème (eaux usées). Pour ce faire, l’implication du préfet pourrait avoir du sens, puisque exerçant la tutelle sur les communes, il pourrait par exemple demander à ce qu’il y ait une inscription budgétaire pour l’entretien et le gardiennage de la décharge.
Les représentants de l’Ambassade du Sénégal sont également conscients que nous devons dépenser le subside de la DGRI avant fin 2008…
Par ailleurs, nous poursuivons la concertation avec les ONG Françaises Batik Foundiougne (Martignas-sur-Jalle) et Sine Saloum Echange (Quévreville-la-Poterie). Ces dernières devraient prendre en charge la remise en état du matériel défectueux (tracteur, citerne à lisier) pour lequel nous disposons d’un devis.
Elargissement du partenariat – participation des écoles
Parallèlement aux actions menées par les trois communes belges, les écoles de Profondeville et Floreffe ont décidé d’apporter leur contribution au partenariat avec le Sénégal en soutenant la construction de deux classes dans un village proche de Foundiougne. Un lien supplémentaire s’est créé entre les communes belges et sénégalaises partenaires.
Les écoles des communes de Floreffe et Profondeville ont organisé des activités en janvier 2008 en faveur de l’école de Gagué Mody. Les montants collectés (ajoutés à ceux collectés par l’association « Les Bolongs ») ont permis la construction de deux classes qui sont d’ores et déjà opérationnelles.


